29.10.2007
A propos du contrat obsèques par Didier Destin
Dans le but louable d’épargner aux sur(vivants) quantité de tracas, les contrats obsèques se multiplient.
Les cultes d’enterrement destinés aux vivants peuvent-ils sans plus y souscrire ?
« Tout majeur ou mineur émancipé, en état de tester, peut régler les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner, et le mode de sépulture ». Depuis la loi du 15 novembre 1887, les funérailles deviennent de plus en plus une affaire privée, une affaire réglée avant sa mort. S’engouffrant dans la possibilité de prévoir son mode de sépulture (inhumation ou crémation) et le caractère civil ou religieux de la cérémonie, les entreprises de pompes funèbres ont créé différents contrats obsèques. L’argumentaire martelé dans des publicités diverses s’appuie essentiellement sur le respect du futur défunt, de ses convictions, de la volonté de débarrasser les (sur)vivants du tracas du choix du cercueil, d’une inhumation ou d’une crémation, de garantir les moyens financiers pour des obsèques « dignes »… Préparer ses obsèques (ou plutôt prévoir une somme nécessaire par souci de ses descendants) est une chose. Tout régler dans le moindre détail en est une autre. Or, l’argumentaire commercial développé par les entreprises de pompes funèbres tend à la deuxième solution. Est-ce un bien pour ceux qui restent ?
Ne pas vouloir tout maîtriser. De par ma pratique passée dans le domaine funéraire et ma pratique pastorale actuelle, je ne suis pas assuré qu’une préparation trop minutieuse soit un bien pour ceux qui restent. A trop vouloir tout maîtriser, ne délestons-nous pas ceux qui nous survivent d’une partie essentielle pour leur chemin de deuil ? Choisir un cercueil, un capiton, un emblème ou non, des musiques, des textes, est l’occasion d’évoquer le défunt, les relations nouées, la place qu’il avait parmi nous, une place aujourd’hui vide. Se trouver devant un cercueil choisi par le défunt, des obsèques déjà organisées dans le moindre détail, nous déleste de notre place d’endeuillés, nous frustre de cette possibilité offerte de nous obliger à nous arrêter, à nous souvenir, à nous interroger sur notre être au monde.
Souvenons-nous que pour nous protestants réformés, la cérémonie religieuse est tournée vers les vivants et non vers le défunt. Il s’agit d’entendre dans l’Evangile une nouvelle qui nous permet d’intégrer le surgissement de la mort sans que cette dernière ne nous entraîne avec elle vers l’abîme. Dans cette marche vers un demain possible, qui ne nie pas la mort, la préparation des obsèques s’intègre parfaitement. Elle dit déjà que même si la mort a frappé l’un des nôtres, nous, nous sommes encore en mesure de nous souvenir, de faire des choix, de prier, de nous soutenir, bref de vivre. A trop vouloir régler d’avance pour les autres, nous travaillons contre les autres.
Laisser un espace de liberté. Que faire alors ? Faut-il ou non prévoir ses obsèques ? Prévoir le mode de sépulture et le caractère civil ou religieux à donner à ses funérailles me paraît une bonne chose à condition de laisser un espace de liberté aux (sur)vivants. Il faut qu’ils puissent ensemble entrer dans un chemin de deuil où ils n’auront pas l’impression d’être dépossédés de leur mort.
Dernière chose : en ce qui concerne le don à l’Eglise, la bonne solution en matière de contrat obsèques me semble de prévoir, non une somme fixe, mais 10% du montant des prestations funéraires …
Pasteur Didier Destin
23:50 Publié dans Actes pastoraux , Parole Protestante en Basse Normandie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Contrat obsèques, Service funéraire, Deuil, Evangile
03.10.2007
A propos de stratégies...
17:30 Publié dans Pôle Evangélisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Stratégies, Evangile



