01.07.2008

Voyage, voyages

9699ed5837444794ffa0343b3abc7d37.jpg« Dans le cadre de l’année Calvin, partez à la découverte des protestants français. Rencontrez de véritables descendants des galériens pour la foi, assistez à un culte célébré selon une tradition séculaire (pittoresques mélodies du XVIème siècle), prenez le temps de visiter les plages d’embarquement pour l’exil, ramenez en souvenir une croix huguenote » …
Le protestantisme, heureusement, ne se brade pas ainsi. Rien n’empêche cependant les tours opérateurs de proposer une visite auprès de Pygmées authentiques, de proposer (prévoir un supplément) une messe gospel à
Harlem, de vanter une Afrique « nature » avec sa population toujours amicale, souriante et particulièrement accueillante. Comme rien n’empêche la plupart d’entre nous de s’offrir un jour ou l’autre un séjour paradisiaque ou un voyage hors du temps.
A l’heure actuelle, le tourisme monopolise une partie de notre travail (nous économisons pour nous payer des vacances), il est la première activité économique planétaire et de plus en plus, l’homme occidental lui consacre du temps. Pourtant, rien ou presque n’a été envisagé au niveau théologique ou éthique sur cet incontournable fait social. Peu d’études, d’apprentissage, et souvent le refus d’envisager dans cette sorte de temps entre parenthèses autre chose qu’un temps d’évasion, loin des réalités de la vie quotidienne, les nôtres et celle du pays visité. Le tableau est noir d’un dévoiement à un argent que le touriste entend dépenser plus qu’à l’accoutumée, sans toujours se soucier de morale, de respect, d’attention, d’analyse. Les effets peuvent être désastreux, que l’on songe à la prostitution enfantine, au mépris et à la dévastation des cultures locales perçues comme un aimable folklore à photographier avec condescendance et un brin de pitié, à la destruction des sites et à la recherche concomitante du lieu encore vierge de toute invasion touristique.
Et pourtant, le tourisme reste une chance étonnante, la possibilité d’échanger avec le monde entier, d’avoir du temps pour mieux connaître, mieux comprendre, recevoir et donner. Les déplacements d’aujourd’hui peuvent être facteurs de paix dans la mesure où les identités de chacun choisissent, non de se replier, mais de s’ouvrir aux autres.
Il est possible de « voyager autrement ».
C’est ce que vous propose le dossier de ces mois de vacances en vous relatant quelques expériences originales et fortes, à découvrir, à savourer, à approfondir et peut-être à reproduire. Propres aussi à faire rêver tous ceux qui, nombreux, n’ont pas le loisir de partir, comme tous ceux qui se satisfont d’objectifs moins ambitieux en se proposant tout simplement de profiter des mois d’été pour prendre le repos si nécessaire, les doigts de pied en éventail !
A tous et à toutes un bon été sous le regard de Dieu.
Eric Trocmé

21.05.2008

"Ecrire pour être lu" se tiendra le samedi 31 mai de 10h30 à 17h au temple d'Argentan

a523f8a94bd0aac772a061994dfead3e.jpgCher(e)s ami(e)s, je vous rappelle que la seconde partie de la formation "Ecrire pour être lu" se tiendra le samedi 31 mai de 10h30 à 17h au temple d'Argentan, 85 boulevard de la République avec pour nous accompagner soeur Odile Delcambre, franciscaine et journaliste. Des ami(e)s catholiques ayant manifesté leur intérêt pour cette formation, nous reprendrons la partie "initiation", mais pour ceux qui viennent en perfectionnement, voici l'exercice proposé (ou les exercices proposés selon votre temps et votre disponibilité) : rédiger un article sur un sujet de votre choix (4000 signes maximum), le titrer, le chapôter et l'intertitrer (+ photo si vous en avez la possibilité), et/ou réaliser l'interview d'une personne de votre choix (4000 signes maximum), titrer et chapôter (+ photo si vous en avez la possibilité). Odile Delcambre a quitté depuis quelques mois sa communauté de Paris et habite maintenant à Saint-Amand Montrond (Cher). Son adresse internet reste la même : odiledelcambre@orange.fr et vous pouvez la solliciter pour tout conseil. Bien à vous. Eric Trocmé

15.01.2008

Penser la foi: du sacerdoce universel des croyants au renouveau du dialogue oecuménique

0e4b5219991a8790baf54e4e4e1d077a.jpg 1) L’individualisme protestant : On dit des protestants que leur individualisme constitue leur défaut majeur et leur plus grande faiblesse. Qu’en est-il de ce reproche ?

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09.01.2008

Dire « je »

eff1ba5a9164985c91d1451c48ce1d5f.jpgLe 27 mai 2007, Charline Leblois a été confirmée dans l’alliance de son baptême. A 17ans, pour plus de recul, de maturité sur le sujet. Elle souhaitait attendre, être sûre de son engagement. Elle y a réfléchi longuement, en évitant toute précipitation. Elle voulait prendre cette décision seule. Elle estimait qu’à 14-15 ans, on adopte facilement l’esprit de groupe sans vraiment personnaliser son propre choix. Sa confirmation a été accompagnée des deux versets du Psaume 23 « 1. Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien » et Dire « je ». Elle les a accompagnés de ce texte :
« Je tiens à rajouter à ces deux magnifiques versets, témoins de ma foi, quelques mots. En effet, si je me tiens devant vous aujourd'hui, c'est dans le but de demander la confirmation de mon baptême et ainsi, non pas de finir, d'achever mon éducation religieuse, car le Seigneur a encore beaucoup de choses à m'enseigner et cela tout au long de ma vie, mais pour dire que je crois en Dieu, en son Fils et en le Saint-Esprit.
Pour dire également qu'après avoir beaucoup reçu de Dieu, de mes parents et de ma famille, de ma marraine, de la communauté protestante de Creil, de Noémie Woodward la pasteur de Condé sur Noireau, de David qui m'a beaucoup soutenue dans cette démarche, de Pierre avec qui j'ai pu avoir des échanges instructifs. C'est à mon tour de donner, de partager et cela en intégrant pleinement la communauté protestante, communauté primordiale à mes yeux. C'est à mon tour de passer de l'état de public à l'état d'acteur, de celui d'observatrice, de témoin de la foi des uns et des autres à celui de participante. Je souhaite appliquer et partager la bonne parole de Dieu avec tous. Merci de m'avoir écoutée, de m'accueillir parmi vous. »
E.L.

21.11.2007

Journée de formation à l’écriture journalistique (samedi 24 novembre 10h30-17h) au temple d’Argentan

30683adb65e4e535c9c1d4a5ecc201a9.jpg Ecrire pour être lu !

Le samedi 24 novembre, Parole protestante en Basse-Normandie organise une journée de formation à l’écriture journalistique (10h30-17h) au temple d’Argentan, 85 boulevard de la République (se munir d’un pique-nique).

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12.11.2007

La visite? par Noémie Woodward

54c06d14882d93265094c86c958f79a3.jpgDans notre vie d’Eglise, elle apparaît telle une évidence. Elle vient attester, dans la fraternité d’une rencontre, l’appartenance à la paroisse. Elle vient affirmer par la simple présence l’importance de chacun. Elle vient témoigner d’une altérité radicale, celle qui fonde nos existences.

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29.10.2007

A propos du contrat obsèques par Didier Destin

fce1d8e5bdccb61af089f2561e054e06.jpgDans le but louable d’épargner aux sur(vivants) quantité de tracas, les contrats obsèques se multiplient.
Les cultes d’enterrement destinés aux vivants peuvent-ils sans plus y souscrire ?


« Tout majeur ou mineur émancipé, en état de tester, peut régler les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner, et le mode de sépulture ». Depuis la loi du 15 novembre 1887, les funérailles deviennent de plus en plus une affaire privée, une affaire réglée avant sa mort. S’engouffrant dans la possibilité de prévoir son mode de sépulture (inhumation ou crémation) et le caractère civil ou religieux de la cérémonie, les entreprises de pompes funèbres ont créé différents contrats obsèques. L’argumentaire martelé dans des publicités diverses s’appuie essentiellement sur le respect du futur défunt, de ses convictions, de la volonté de débarrasser les (sur)vivants du tracas du choix du cercueil, d’une inhumation ou d’une crémation, de garantir les moyens financiers pour des obsèques « dignes »… Préparer ses obsèques (ou plutôt prévoir une somme nécessaire par souci de ses descendants) est une chose. Tout régler dans le moindre détail en est une autre. Or, l’argumentaire commercial développé par les entreprises de pompes funèbres tend à la deuxième solution. Est-ce un bien pour ceux qui restent ?

3c30e8a7e6ca3d2409114ba414130a29.jpgNe pas vouloir tout maîtriser. De par ma pratique passée dans le domaine funéraire et ma pratique pastorale actuelle, je ne suis pas assuré qu’une préparation trop minutieuse soit un bien pour ceux qui restent. A trop vouloir tout maîtriser, ne délestons-nous pas ceux qui nous survivent d’une partie essentielle pour leur chemin de deuil ? Choisir un cercueil, un capiton, un emblème ou non, des musiques, des textes, est l’occasion d’évoquer le défunt, les relations nouées, la place qu’il avait parmi nous, une place aujourd’hui vide. Se trouver devant un cercueil choisi par le défunt, des obsèques déjà organisées dans le moindre détail, nous déleste de notre place d’endeuillés, nous frustre de cette possibilité offerte de nous obliger à nous arrêter, à nous souvenir, à nous interroger sur notre être au monde.

4d217061c5a363615c976a02cf617b37.jpgSouvenons-nous que pour nous protestants réformés, la cérémonie religieuse est tournée vers les vivants et non vers le défunt. Il s’agit d’entendre dans l’Evangile une nouvelle qui nous permet d’intégrer le surgissement de la mort sans que cette dernière ne nous entraîne avec elle vers l’abîme. Dans cette marche vers un demain possible, qui ne nie pas la mort, la préparation des obsèques s’intègre parfaitement. Elle dit déjà que même si la mort a frappé l’un des nôtres, nous, nous sommes encore en mesure de nous souvenir, de faire des choix, de prier, de nous soutenir, bref de vivre. A trop vouloir régler d’avance pour les autres, nous travaillons contre les autres.

Laisser un espace de liberté. Que faire alors ? Faut-il ou non prévoir ses obsèques ? Prévoir le mode de sépulture et le caractère civil ou religieux à donner à ses funérailles me paraît une bonne chose à condition de laisser un espace de liberté aux (sur)vivants. Il faut qu’ils puissent ensemble entrer dans un chemin de deuil où ils n’auront pas l’impression d’être dépossédés de leur mort.
Dernière chose : en ce qui concerne le don à l’Eglise, la bonne solution en matière de contrat obsèques me semble de prévoir, non une somme fixe, mais 10% du montant des prestations funéraires …

Pasteur Didier Destin