12.11.2007

La visite? par Noémie Woodward

54c06d14882d93265094c86c958f79a3.jpgDans notre vie d’Eglise, elle apparaît telle une évidence. Elle vient attester, dans la fraternité d’une rencontre, l’appartenance à la paroisse. Elle vient affirmer par la simple présence l’importance de chacun. Elle vient témoigner d’une altérité radicale, celle qui fonde nos existences.


Lorsque nous l’évoquons, l’imaginons, la désirons, elle apparaît comme poumon de notre vie d’Eglise. C’est elle
qui crée, entretient, élargit les réseaux des relations humaines. Elle permet de partager des mots dans l’intimité
d’une rencontre, elle tisse des liens sincères et solides : désormais, chacun partage une histoire commune avec un autre. Ce dernier n’est plus seulement un individu croisé ici ou là au hasard des cultes ou d’un autre événement, mais une personne avec laquelle un simple regard échangé dit beaucoup.
Nul doute : la visite est essentielle. P o u r t a n t , sur le terrain, les difficultés apparaissent et des questions se posent : qui visite, où et comment ? Que doit-on faire, lire la Bible, prier, prendre simplement une tasse de thé ?
Lorsque nous ouvrons notre Bible, Ancien et Nouveau Testament, nous découvrons que l’acte de visiter est régulièrement appliqué à Dieu lui-même ! Un tel constat peut nous effrayer, car il n’est pas toujours évident de demander à Dieu de faire une visite au nom de lui-même et de la paroisse ! Pourtant, si Dieu visite certainement les uns et les autres sans nous et sans qu’on le lui ait demandé, il visite également avec nous. Un pasteur que j’apprécie beaucoup m’a dit un jour : « Lorsque tu entres dans une chambre d’hôpital, tu n’y entres pas seule. Simplement, en déclinant ton nom et ton identité, tu fais entrer avec toi Dieu et la communauté ecclésiale que tu représentes ».
Quel poids, car ce n’est pas rien de savoir que Dieu entre avec soi. Mais quelle liberté aussi : ce qui est dit, échangé, partagé, est déposé devant Dieu. Que la visite soit faite par un membre de l’Eglise, engagé ou non
dans un groupe de visiteur, par un ou une catéchète, par un membre du conseil ou par le pasteur, Dieu se rend présent …
Dans le Nouveau Testament, Jésus aussi rend visite.
Il s’invite ici et là. Régulièrement, il est invité à partager un repas, à guérir, à réaliser un miracle … Mais la plupart du temps, ses « visites » sont de l’ordre de la rencontre. Rencontre au détour d’un chemin, au bord d’un
puits, dans une maison. Bien souvent, la visite est inattendue, imprévue. Elle se présente telle une occasion saisie par l’un ou l’autre, voire Jésus.
Visiter, ce n’est ainsi pas seulement se rendre chez un autre, s’asseoir autour d’une table ou dans un salon, mais avant tout se mettre à son écoute, même et surtout en dehors de chez soi, en dehors d’une rencontre programmée, attendue et préparée. Visiter, c’est savoir se rendre disponible à l’imprévu, savoir recevoir et accueillir l’autre dans ses mots, ses attentes, son espérance, quelle que soit le lieu ou la situation. La parole n’est alors pas la nôtre, mais celle de l’autre. Nos mots ne sont là que pour l’accompagner, lui permettre de se dire
pour mieux s’entendre.
Visiter, c’est une attitude, un mode d’être qui invite l’autre à nouer un bout de son histoire avec lui-même et avec Dieu. C’est porter sur autrui un regard attentif, un peu comme celui de Jésus qui prend le temps de reconnaître l’existence de chacun.
Alors, visiter ?
Oui, pourquoi pas !
Noémie Woodward (Bocage)

Commentaires

meci pour le blog et les sujets divers
proposition : pourrions-nous mettre quelques photos avec des assemblées et pas seulement notre patrimoine-batiments ?

Ecrit par : élisabeth vardon | 16.11.2007

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